Le Bateleur ou le départ en chantant

Regardez-le celui-là, le jouvenceau impavide dans tout l’éclat de sa turbulente jeunesse. Il fait montre de tous ses talents et il joue. Il séduit et il gagne à tout coup. L’arcane sans nombre, le Mat, a posé à terre sa besace et sorti tous ses bibelots. Il joue au bonneteau et il vous escroquera si vous n’y prenez garde, mais au moins aurez-vous passé un bon moment. Mais attention , il peut partir d’une minute à l’autre et vous laisser désemparé, sans le sou et, éventuellement le coeur lourd d’un chagrin que vous aurez du mal à oublier. Car il est le charme et la gaieté même, il est l’ensorceleur innocent des âmes un peu sombres et le rire des enfants cruels sans le vouloir…

Lorsqu’il apparaît dans un tirage, prenons garde à qui l’entoure… S’il est bien accompagné, il sera éminemment bénéfique, apportant courage et optimisme. Avec lui se profilent du tonique et du nouveau, un nouveau départ, une nouvelle relation riche de promesses. Comme l’état amoureux, il est un moyen qui s’annonce, un des seuls faciles à atteindre, pour évoluer, changer de regard et de perspective. Il vous sort de l’immobilité et de l’émoussement : quel appétit de vivre il apporte et comme vous sentez renaître les projets les plus fous!

S’il est fâcheusement entouré, à côté de la Lune (arcane 18) ou de la Maison-Dieu (arcane 16), il règne sur un monde d’illusions, d’apparences, il séduit mais il trompe. Le consultant n’est alors guère avisé dans ses choix, nous dit le Tarot, ses conseillers manquent de profondeur ou d’expérience. Il doit de méfier de sa propre tendance à s’illusionner, à se raconter des histoires, voire se garder d’une certaine mythomanie dont il n’a pas forcément conscience…

Avec l’arcane 13, l’arcane Sans Nom, le danger est grand d’être trahi, spolié et laissé dans le plus grand désarroi. Sans préméditation, avec la seule insouciance des égoïstes que la vie presse d’avancer et qui n’ont guère le goût ni l’imagination pour se mettre à la place de l’autre…

Mais moi, je préfère tout de même attirer l’attention sur la lemniscate qui lui tient lieu de chapeau, cette courbe plane, ce huit allongé symbole de l’infini ou du perpétuel recommencement. C’est ce que j’aime en lui, l’éternel retour de toute chose, la vie qui reprend ses droits et son élan, envers et contre tout.

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2 réponses à Le Bateleur ou le départ en chantant

  1. Marie dit :

    C’est incroyable, comme un simple dessin, une simple carte peut être interprétée, et comme elle est si bien représentée : je ne savais pas que les détails du dessin pouvait autant aider à l’interprétation des cartes !

  2. fabienne dit :

    Tu as raison, Marie, ces cartes sont merveilleusement inspirantes, leur symbolisme est si riche qu’elles parlent quasiment d’elles-mêmes…

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