Une séparation, d’Asghar Farhadi

Un couple se sépare. Le film s’ouvre sur la requête de l’épouse devant le juge. Elle veut partir à l’étranger. Son mari accepte (premier élément de surprise pour nous), mais elle devra laisser leur fille avec lui à Téhéran. Le film se clôt sur leur divorce : les termes de la demande ne sont plus les mêmes, et c’est à leur fille que la question du choix parental sera posée. Entre ces deux moments-clés, le mensonge sera passé, d’abord discret, habituel, compréhensible, et pour finir dévastateur.

Au-delà des images, de l’harmonie des couleurs, la beauté de ce film et l’extraordinaire émotion qu’il dégage tiennent à la vérité humaine, sensible, des personnages. Chacun porte sa part d’ambiguïté et celui que l’on trouvait si admirable va apparaître peu à peu sous un autre jour. Le fils aimant, celui qui s’occupe de son père comme d’un vieux bébé, totalement dévoué, caressant, se montrera dur, injuste et insensible aux demandes d’attention de son épouse.

La bigote austère et sèche va se révéler héroïque lorsque poindra la nécessité intérieure d’obéir aux « impératifs catégoriques » de sa foi.

La vérité est insaisissable. La confusion des sentiments et des faits semble répondre à notre surprise et à notre émerveillement de voir les Iraniens si proches, si semblables. Naïveté de l’idée de la différence, universalité de la douleur des sentiments bafoués.

 

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2 réponses à Une séparation, d’Asghar Farhadi

  1. Anthony dit :

    Ce film a été encensé par la critique. Du coup j’y suis allé avec trop d’envies et d’espoirs pour tomber sur un film très réussi certes mais qui ne m’a pas marqué plus que ça. J’ai hâte de voir le nouveau avec Bérénice Bejo : « Le passé »

  2. fabienne dit :

    « Le Passé », c’est le même thème ou pas loin, et la façon de le traiter me touche personnellement. Mais je suis d’accord, ce n’est pas du très grand cinéma. Mais il y avait un tel exotisme et un tel émerveillement de découvrir ces Iraniens si proches de nous…

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